Le modèle intégratif d’adaptation aux défis persistants (Integrative Model of Adjustment to Continuous Challenges, IMACC) : Comprendre et accompagner l’adaptation biopsychosociale

Par Lis Dreijer Hammond, Université d’Aalborg (Danemark), Christian Karlsen Hansen et Martin Lehmkuhl Kristensen, Centre de réadaptation pour réfugiés, Services de santé régionaux du Jutland du Nord (Danemark) et Charlotte Glintborg, Université d’Aalborg (Danemark)

Lorsqu’une maladie ou des événements de vie négatifs importants surviennent, il est souvent difficile de retrouver la vie d’avant. Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, le défi ne consiste pas seulement à gérer les symptômes, mais aussi à s’adapter à une nouvelle vie. Une perturbation de ce processus d’adaptation peut entraîner de l’anxiété, une dépression, une détérioration de la santé physique et un recours accru aux services de santé. Les estimations concernant la capacité d’adaptation des personnes aux maladies chroniques varient considérablement, selon la manière dont cette adaptation est mesurée. On estime que le taux de difficultés d’adaptation se situe entre 16,9 % et 62 %. Le taux de réussite de l’adaptation varie quant à lui entre 13 % et 36,3 %. À l’échelle mondiale, plus d’un milliard de personnes vivent avec plusieurs troubles chroniques. Si les deux tiers d’entre elles rencontrent des difficultés d’adaptation, il est urgent d’améliorer les dispositifs d’aide à cet égard.

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Soutenir les aidants lorsque les patients sortent de l’hôpital : Enseignements pratiques coconstruits

Par Kathryn McEwan, Université de Northumbria, Royaume-Uni

Sarah aidait son père à préparer ses bagages, le soulagement se mêlant à une anxiété grandissante. Après cinq jours d’hospitalisation suite à son accident vasculaire cérébral, il s’apprêtait à rentrer. Une infirmière avait brièvement évoqué des changements de traitement et des rendez-vous de suivi, mais Sarah (qui allait s’occuper de lui à domicile) n’avait pas pris part à ces discussions. Elle est repartie avec un compte rendu d’hospitalisation qu’elle ne comprenait pas vraiment, sans savoir exactement quels symptômes surveiller et sans savoir qui appeler en cas de problème. Dans les 48 heures qui ont suivi, son père a été réadmis à l’hôpital.

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« Mind the Gap » : intégrer l’équité dans les pratiques quotidiennes

Par Amanda O’Connor, Claire Blewitt et Helen Skouteris, Université Monash, Melbourne, Australie.

L’équité en matière de santé signifie que chacun dispose d’une chance équitable et réelle d’accéder à une bonne santé, indépendamment de sa situation socio-économique, de son origine ethnique, de son genre ou d’autres conditions sociales. Or, les tendances mondiales actuelles montrent un creusement des inégalités en matière de santé. Les écarts d’espérance de vie entre les pays, souvent dus à des défaillances structurelles des systèmes de santé, au racisme et aux préjugés systémiques, ainsi qu’à des inégalités sociales, économiques et environnementales, peuvent dépasser trois décennies, et les inégalités au sein même des pays s’accentuent également entre les différents groupes sociaux.

Ces causes profondes peuvent sembler très éloignées de notre travail quotidien. Cependant, les professionnels de santé travaillent souvent sous pression temporelle, avec des ressources limitées et dans le cadre de protocoles stricts. On pourrait penser que l’équité relève principalement décisions règlementaires ou structurelles. Néanmoins, l’équité se construit également dans les interactions quotidiennes au sein du système de santé, dans la manière dont les services sont organisés, dont la communication s’effectue, dont les décisions sont prises, et dans le choix des patients qui peuvent bénéficier des soins disponibles.

Chaque consultation, chaque parcours de soins et chaque initiative d’amélioration des services constitue une petite intervention. Les choix concernant les systèmes de prise de rendez-vous, les dispositifs d’orientation, les supports d’information destinés aux patients, les outils numériques et les procédures de suivi peuvent soit réduire, soit creuser les inégalités. Lorsque l’équité n’est pas explicitement prise en compte, les procédures standard fonctionnent souvent mieux pour les groupes déjà favorisés. Lorsque l’équité est prise en compte dès le départ, les soins de routine deviennent plus accessibles, mieux acceptés et plus efficaces pour un plus large éventail de patients.

Une approche des soins de santé fondée sur l’équité commence par une réflexion et une planification délibérées. Les équipes doivent expliciter leur conception de l’équité et discuter de ce que signifient un accès et des résultats équitables dans le contexte spécifique de leur service. Cela implique notamment d’identifier les groupes de patients les moins susceptibles de se présenter aux consultations, de suivre leur traitement ou d’en tirer profit, et d’examiner les obstacles concrets tels que la langue, la littératie en santé, les transports, l’accès au numérique, le coût, la stigmatisation ou les expériences négatives antérieures avec le système de santé. Planifier l’équité, c’est également reconnaître les atouts des patients et des communautés, et pas seulement leurs risques et leurs déficits, et tirer les leçons des efforts passés. Par exemple, l’accès aux soins pour les enfants souffrant d’obésité dans les zones régionales et rurales peut être amélioré grâce à la télémédecine, à l’élargissement des rôles des infirmiers en soins primaires et à des modèles d’acteurs de santé communautaires.

Un autre principe fondamental consiste à valoriser l’expérience vécue. Les patients sont les experts lorsqu’il s’agit de gérer leur propre état de santé et leur situation personnelle. Leurs expériences avec les services mettent en lumière des obstacles et des opportunités que les indicateurs cliniques ne peuvent à eux seuls révéler. Les professionnels de santé peuvent renforcer l’équité en mettant en place des mécanismes structurés et permanents pour recueillir le point de vue des patients, par le biais de patients partenaires (des patients ou des aidants officiellement invités à collaborer avec le personnel à la conception, à l’évaluation ou à la gouvernance des services en s’appuyant sur leur expérience), de groupes consultatifs, de systèmes de retour d’information et d’activités de co-conception. Il convient de veiller à ce que ces contributions influencent de manière significative la prestation des services et la communication. Par exemple, la collaboration avec des jeunes ayant une expérience vécue de la maladie mentale a abouti à l’élaboration d’une feuille de route pour le secteur de la santé mentale des jeunes, visant à soutenir la conception, la mise en œuvre et l’évaluation collaboratives d’un service psychosocial de proximité.

Une posture réflexive est également essentielle. Les rapports de force sont omniprésents dans le domaine de la santé, qu’ils soient liés à l’autorité professionnelle, aux rôles institutionnels ou aux asymétries de connaissances. Les cliniciens et les équipes de soins doivent régulièrement avoir l’occasion de réfléchir à la manière dont les a priori, les stéréotypes et les contraintes temporelles influencent leurs jugements et leurs interactions. Une réflexion structurée, un dialogue au sein de l’équipe et les retours d’expérience de patients et de collègues issus de divers horizons contribuent à mettre en lumière les angles morts et à réduire le risque que des préjugés influencent les décisions en matière de soins. La réflexion doit être continue et intégrée aux procédure de perfectionnement. Cela apparait clairement dans nos travaux avec les organisations de la petite enfance. Afin d’accompagner efficacement les enfants victimes de traumatismes, nous collaborons de manière interdisciplinaire et intersectorielle et encourageons une réflexion approfondie et continue sur les pratiques et les politiques nécessaires pour favoriser l’équité en matière de santé et de bien-être pour ces enfants.

Les soins fondés sur l’équité sont renforcés par l’utilisation de cadres conceptuels adaptés. Les cadres abordant les déterminants sociaux de la santé, l’intersectionnalité, la discrimination structurelle et les soins culture informés contribuent à traduire l’équité, qui passe ainsi d’une valeur abstraite à des décisions concrètes. Ces perspectives guident la manière dont les professionnels interprètent la non-observance, les rendez-vous manqués, les difficultés de communication et les comportements à risque, en déplaçant l’attention des « patients non observants » vers les systèmes et les contextes inadaptés.

Les inégalités en matière de santé sont le fruit de systèmes complexes, mais elles sont également renforcées ou atténuées par les nombreuses actions quotidiennes menées dans les établissements de santé. Privilégier l’équité n’est donc pas incompatible avec la qualité des soins cliniques ; elle y contribue pleinement.

Recommandations pratiques

–    Gardez l’esprit ouvert et restez attentif. Approfondissez votre compréhension des inégalités en matière de santé et de leurs déterminants structurels. Réfléchissez à votre propre positionnement professionnel, à vos a priori et à vos éventuels préjugés implicites, et examinez en quoi ceux-ci peuvent influencer la communication, le jugement clinique et les attentes des patients. Intégrez de brefs moments de réflexion dans votre pratique quotidienne et lors des réunions d’équipe.

–    Recherchez et écoutez attentivement les différents points de vue des patients. Ne vous contentez pas des enquêtes de satisfaction habituelles. Créez des occasions simples et régulières d’écouter différents groupes de patients, en particulier ceux qui se rendent moins souvent aux consultations ou qui interrompent leur prise en charge, afin de comprendre les obstacles qui les empêchent de bénéficier d’une prise en charge globale. Collaborez avec les représentants des patients et les associations locales, et montrez clairement à quel point leurs retours sont pris en compte et conduisent à des changements dans les services.

–    Adoptez une réflexion critique sur les outils et les procédures que vous utilisez. Les parcours cliniques, les supports pédagogiques, les portails numériques et les outils visant à favoriser le changement de comportement sont souvent conçus pour des patients ayant un niveau d’alphabétisation élevé et disposant de ressources importantes. Vérifiez si vos supports et vos processus sont compréhensibles, adaptés à la culture locale et accessibles. Adaptez le langage et les formats de diffusion si nécessaire. Familiarisez-vous et engagez-vous, par exemple, dès le départ avec les cadres et les théories relatifs à l’équité.

–    Soyez prêt à remettre en question les pratiques et les structures inéquitables. Identifiez les tendances concernant les personnes qui manquent leurs rendez-vous, celles qui sont orientées vers d’autres services et celles qui en bénéficient le moins. Partagez ces observations avec votre équipe et demandez-leur, ainsi qu’aux patients, pourquoi ces pratiques inéquitables pourraient exister. Défendez les besoins de ces patients tels qu’ils les expriment. Cela peut impliquer une gestion flexible des rendez-vous, l’accès à des interprètes, des actions de proximité et une allocation de ressources qui facilitent leur prise en charge.

–    Prendre en compte différentes formes de données probantes. Associer les recommandations cliniques et les indicateurs quantitatifs aux témoignages des patients, aux observations du personnel de première ligne et aux connaissances de la communauté. La combinaison de différentes sources de données probantes permet d’obtenir une image plus précise de ce qui fonctionne pour qui dans la pratique quotidienne des soins.

Traduit par Deborah LOYAL

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Changer les idées reçues sur le changement de comportement 

Theresa Marteau    Université de Cambridge, Royaume-Uni

Nous sommes nombreux à avoir des difficultés à manger plus sainement, à boire moins d’alcool, à arrêter de fumer ou à marcher plutôt que de prendre la voiture. C’est un fait, même si nous savons que ces changements seraient bénéfiques pour notre santé et pour la planète. Il en va de même pour les psychologues et les spécialistes du comportement, au même titre que pour les personnes que nous essayons d’aider.

Cette difficulté n’est pas due à un manque de volonté. Le problème est que nous sous-estimons systématiquement l’influence de notre environnement quotidien sur notre comportement, et que nous surestimons le pouvoir de nos valeurs et de nos intentions.

Pourquoi il ne suffit pas d’être informé

Prenons l’exemple des prévisions de santé personnalisées. Ne serait-il pas suffisant d’informer une personne de son risque exact de développer un diabète de type 2 ou une maladie cardiaque pour l’inciter à changer ses habitudes ? Les données montrent le contraire. Cinq revues systématiques, incluant des dizaines d’essais contrôlés randomisés, démontrent que le fait de fournir aux individus des estimations de risque personnalisées — y compris des scores de risque génétique — n’a que peu voire aucun impact sur leurs comportements. Les taux d’activité physique, de tabagisme, de consommation d’alcool et d’alimentation mauvaise pour la santé restent inchangés.

De même, les climatologues possèdent des connaissances détaillées sur le changement climatique, pourtant ils prennent autant l’avion que les autres universitaires. La connaissance seule entraîne rarement un changement de comportement durable.

C’est une question d’environnement

Les modèles à double processus issus des sciences comportementales permettent d’expliquer ce phénomène. Notre comportement est régulé par deux systèmes qui interagissent. L’un est lent, réfléchi et orienté vers un objectif. Nous l’utilisons pour lire, acquérir de nouvelles compétences et résister aux tentations. L’autre est rapide, automatique et guidé par des signaux : quand on voit un gâteau, on le prend. Lorsque notre capacité de réflexion, limitée, est totalement saturée, notre système automatique réagit directement aux signaux de l’environnement. C’est pourquoi modifier les stimuli qui nous entourent est plus efficace que d’essayer de changer ce qu’il y a dans notre tête.

Les stimuli environnementaux les plus puissants ont trois caractéristiques : l’accessibilité financière (affordability), la disponibilité (availability) et l’attrait (Appeal).

Accessibilité financière : les prix influencent les comportements

L’augmentation du prix du tabac est la mesure la plus efficace pour réduire le tabagisme. Une hausse de 10 % du prix entraîne une baisse de la consommation de tabac d’environ 4 %. Les taxes sur les sodas réduisent la consommation de boissons sucrées. La consommation de fruits et légumes augmente lorsque des subventions permettent d’en baisser le prix. 

Disponibilité : on choisit ce qui est facile d’accès

Dans le cadre d’une étude menée auprès de 20 000 employés dans 19 cafétérias d’entreprise, mon équipe de recherche a augmenté la proportion de déjeuners à faible teneur en calories proposés et réduit la taille des portions des repas plus caloriques. Résultat ? Les employés ont acheté 11,5 % de calories en moins, car il était devenu plus facile de choisir des options plus saines.

Attractivité : la publicité fonctionne

Mettre fin à la publicité et aux parrainages des industries du tabac, de l’alcool et de l’alimentation industrielle réduit l’attrait et le volume d’achat de leurs produits. Des effets similaires sont attendus pour les produits issus des énergies fossiles. L’ajout d’étiquettes d’avertissement claires et la suppression des marques sur les produits réduisent également leur attractivité. Au Yukon, au Canada, les étiquettes apposées sur les boissons alcoolisées, avertissant clairement du risque de cancer lié à la consommation d’alcool, ont permis de réduire les ventes d’alcool d’environ 6 %. Les emballages neutres du tabac rendent les étiquettes d’avertissement plus visibles.

L’importance de la réglementation

La plupart des mesures visant à modifier les signaux présents dans notre environnement quotidien afin de changer les comportements nécessitent une réglementation, car elles entrent en conflit avec des intérêts commerciaux. Quatre secteurs – le tabac, l’alcool, l’alimentation industrielle et les énergies fossiles – produisent des biens qui sont responsables d’au moins un décès sur quatre dans le monde chaque année, ainsi que de la majorité des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

Pourtant, les campagnes d’information et l’autorégulation des industries restent les approches privilégiées. Ces industries défendent activement cette préférence par le biais du lobbying, en finançant des recherches qui remettent en cause la réglementation et en présentant l’intervention gouvernementale comme une restriction de la liberté.

Changements nécessaires

Nous devons protéger les faits scientifiques et les décisions politiques de toute ingérence des entreprises. La lutte antitabac nous offre un modèle à suivre. Les pays qui ont adopté l’article 5.3 de la Convention-cadre pour la lutte antitabac ont protégé leurs décisions politiques de l’ingérence de l’industrie, mis en œuvre des politiques davantage fondées sur des données probantes et affichent les taux de tabagisme les plus bas. Nous devons étendre cette protection à toutes les entreprises qui fabriquent des produits préjudiciables à notre santé et qui détruisent notre planète. Les assemblées citoyennes et d’autres formes de démocratie participative, dans lesquelles les citoyens collaborent avec nos gouvernements locaux ou nationaux, sont également très prometteuses, tant pour accroître l’influence des citoyens sur l’élaboration des politiques que pour renforcer le poids des données scientifiques.

Recommandations pratiques

 Pour les professionnels de santé

1.    Commencez par l’environnement, pas par l’éducation. Lorsque vous travaillez avec des clients ou des patients, identifiez les facteurs environnementaux qui déclenchent des comportements indésirables. Plutôt que de vous concentrer uniquement sur la motivation ou les connaissances, aidez les gens à réaménager leur environnement immédiat. Par exemple : placez les fruits à la vue de tous et cachez les aliments transformés ; rangez les vélos dans les couloirs plutôt que dans les cave ; utilisez des assiettes et des verres plus petits.

2.    Militez en faveur de changements sur le lieu de travail. Collaborez avec votre établissement pour accroître la disponibilité et réduire le coût des options plus saines dans les cafétérias. Des changements simples, comme faire des repas végétariens la norme avec des options de substitution faciles, peuvent modifier considérablement les comportements.

Pour les équipes de santé publique

1.    Rendez visible l’invisible. Utilisez vos plateformes pour expliquer comment l’environnement influence les comportements. Remettez en question l’idée reçue selon laquelle le changement de comportement repose principalement sur la volonté ou les connaissances individuelles. Les données montrent qu’il s’agit de modifier les contextes, et pas seulement les mentalités.

2.    Impliquez les décideurs politiques. Identifiez les écarts entre les données scientifiques et les politiques, tant au niveau local que national. Écrivez aux décideurs politiques en leur soumettant des recommandations concrètes étayées par des données. Beaucoup sont réceptifs aux avis d’experts, en particulier lorsqu’ils proposent des solutions pratiques. Ma lettre adressée à un ministre de la Santé britannique, par exemple, a donné lieu à une synthèse des données scientifiques sur le changement de comportement visant à augmenter l’espérance de vie en bonne santé.

3.    Constituez des coalitions en faveur de la réglementation. Entrez en contact avec des organisations qui militent pour des politiques fondées sur des données scientifiques en matière de tabac, d’alcool, d’alimentation et de transport. Le plaidoyer collectif est essentiel pour contrer l’influence de l’industrie. Recherchez des occasions de fournir des synthèses de données scientifiques qui soutiennent une réglementation plus stricte, à l’instar de la réussite de la lutte antitabac grâce à un engagement coordonné d’experts auprès des décideurs politiques.

Traduit par Deborah Loyal

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Réduire le temps passé assis : de petits changements qui font toute la différence

Écrit par Zofia Szczuka, Université SWPS (Pologne) et Université Deakin (Australie)

Comportements sédentaires : bien plus qu’un simple manque d’activité physique

Les bienfaits de l’activité physique sur la santé sont largement reconnus. Mais accordons-nous la même attention aux comportements dits « sédentaires » ?

Les comportements sédentaires désignent toutes les activités que nous pratiquons pendant la journée en position assise ou allongée et qui requièrent très peu d’énergie de notre organisme. Il est important de noter que les comportements sédentaires ne sont PAS synonymes de faible activité physique. Vous pouvez passer vos matinées à faire 30 minutes de jogging chaque jour, tout en passant le reste de la journée assis pendant de longues périodes au travail ou à la maison. On parle parfois du phénomène du « patate de canapé active » (engl. active couch potato) pour décrire la coexistence de l’exercice physique régulier avec de longues heures passées assis. Réduire les comportements sédentaires et augmenter l’activité physique sont des objectifs complémentaires selon les recommandations actuelles de l’Organisation mondiale de la Santé.

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Soutenir les professionnels de santé face à l’hésitation vaccinale

Par Dawn Holford, Université de Bristol, Royaume Uni, Linda Karlsson, Université de Turku, Finlande, Frederike Taubert, Université Erfurt, Allemagne, Emma C. Anderson, Université de Bristol, Royaume Uni, Virginia C. Gould, Université de Bristol, Royaume Uni.

Corriger les mythes concernant la vaccination

La vaccination est l’un des outils les plus efficaces en matière de santé publique : on estime qu’elle sauve 6 vies chaque minute. Mais les vaccins se heurtent également à la résistance du grand public. La désinformation persistante ébranle la confiance de la population dans la vaccination et représente un défi pour les professionnels de santé. Comment peuvent-ils faire face au flot de fausses informations sur les vaccins ? Que peuvent-ils répondre aux patients qui invoquent ces fausses informations pour justifier leur refus de se faire vacciner ou de faire vacciner leurs enfants ? 

Bien qu’il puisse être tentant de répondre en invoquant les données factuelles, corriger les idées fausses sur les vaccins, souvent alimentées par la désinformation, n’est pas aussi simple. Prenons l’exemple d’un mythe depuis longtemps discrédité concernant les vaccins et l’autisme : malgré des décennies de recherche et de nombreuses preuves démontrant l’absence de lien entre les deux, les professionnels de santé continuent de rencontrer cette préoccupation chez les parents. Les mythes de ce type sont « coriaces » car ils jouent sur les craintes sous-jacentes du public, en utilisant des récits forts qui semblent intuitifs à première vue. Ils peuvent également être utilisés comme arme par ceux qui ont des motivations politiques pour maintenir ces mythes en circulation dans l’opinion publique.  

Alors, que peuvent dire les professionnels de santé à quelqu’un qui a des idées fausses sur les vaccins ? Il faut d’abord comprendre ce qui motive les convictions de cette personne. Imaginons deux parents, Tina et Tom. Tous deux craignent que le système immunitaire de leurs enfants ne supporte pas toutes les vaccinations recommandées. Il s’agit là d’une autre erreur courante : en réalité, les vaccins ne contiennent qu’une dose infime par rapport à la maladie elle-même. Pour Tom, cette inquiétude est motivée par sa crainte des effets indésirables que chaque vaccin pourrait déclencher. Pour Tina, cette inquiétude est motivée par sa préférence pour que son enfant ait une forte résistance « naturelle » aux maladies. Ces motivations profondes qui sous-tendent l’inquiétude apparente sont connues en psychologie sous le nom de « racines de l’attitude » et peuvent inciter les gens à s’accrocher à leurs idées fausses lorsqu’ils sont confrontés à une contradiction factuelle.

Souvent, nous avons spontanément tendance à vouloir corriger immédiatement les idées fausses que nous entendons chez les autres. Cependant, des études montrent que lorsque nous validons d’abord les raisons profondes qui motivent l’attitude des gens, ceux-ci sont plus réceptifs aux corrections des mythes sur les vaccins, ce qui peut accroître leur acceptation de ces derniers. Ainsi, pour répondre à la préoccupation de Tom, nous pourrions commencer par le rassurer en lui disant qu’il est normal de vouloir protéger son enfant. En revanche, pour répondre à la préoccupation de Tina, il serait peut-être préférable de commencer par reconnaître qu’il est généralement judicieux d’éviter les médicaments inutiles. Après avoir établi un lien avec eux et instauré un climat de confiance, nous pourrons aborder leurs conceptions erronées et leur fournir davantage d’informations sur la vaccination.

Comment former les professionnels de santé à aborder le sujet des vaccins ?

La meilleure façon de lutter contre les idées reçues sur les vaccins consiste à adopter des approches personnalisées et basées sur le dialogue. Les personnes qui peuvent s’adresser à des professionnels de santé en qui elles ont confiance pour obtenir des conseils médicaux sont beaucoup plus susceptibles d’accepter la vaccination. On peut citer comme exemple l’entretien empathique réfutatif, un cadre en quatre étapes qui permet de structurer les échanges sur la vaccination à l’aide de techniques fondées sur des données probantes décrites ci-dessus afin d’instaurer un climat de confiance et de lutter contre les idées fausses tout en respectant les motivations profondes des personnes. Créé par le projet JITSUVAX, cet entretien s’appuie sur d’autres approches fondées sur le dialogue, telles que l’entretien motivationnel.

Cependant, il n’est pas toujours facile d’engager un dialogue respectueux avec les patients au sujet de la vaccination. Les professionnels de santé peuvent redouter de provoquer des conflits au cours de la discussion. Beaucoup d’entre eux ne reçoivent aucune formation pour les préparer à ce type de conversation. En fait, lorsque les professionnels de santé reçoivent une formation ou des conseils pour remplir ce rôle important, ceux-ci reposent généralement sur une approche informative consistant à fournir des informations factuelles aux patients, ce qui peut en réalité être contre-productif. Le projet JITSUVAX a interrogé des professionnels de santé qui ont décrit leur besoin d’un soutien spécifique et de stratégies qu’ils peuvent utiliser pour répondre aux conceptions erronées des patients sur les vaccins.

Le projet JITSUVAX a développé des outils pour aider les professionnels de santé à utiliser l’entretien empathique réfutatif dans le cadre des discussions sur la vaccination :

•   Des ressources en ligne pour aider les professionnels de santé à comprendre les 11 attitudes sous-jacentes aux croyances erronées sur la vaccination.

•   Des conseils sur l’utilisation de l’entretien empathique réfutatif pour améliorer les discussions sur la vaccination.

•   Une formation à l’entretien empathique réfutatif pour les professionnels de santé.

Nous avons organisé des ateliers avec des professionnels de santé dans plusieurs pays européens, qui ont fait état d’améliorations significatives et durables après avoir suivi une formation visant à renforcer leurs compétences et leur confiance dans les discussions sur la vaccination. En Roumanie, les professionnels de santé formés à l’entretien empathique réfutatif et à l’entretien motivationnel ont constaté une augmentation significative du nombre de rendez-vous de vaccination pris après leurs consultations, par rapport aux professionnels de santé non formés.  

Notre expérience va dans le sens des conclusions de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui estime que la formation des professionnels de santé aux techniques de communication contribue à renforcer leur confiance dans les discussions sur la vaccination et constitue un investissement rentable.

Recommandations pratiques

Pour les praticiens :

•    En tant que professionnel de santé, vous occupez une position unique basée sur la confiance lorsqu’il s’agit de conseils médicaux. Soyez conscient que vos conversations peuvent jouer un rôle déterminant dans les décisions des patients en matière de vaccination. 

•    Comprendre les raisons profondes de l’attitude de vos patients peut vous aider lors de vos consultations. Vous pouvez considérer cela comme un moyen d’évaluer la situation afin de savoir comment aborder les préoccupations du patient. Pour vous aider dans cette étape d’évaluation, vous pouvez notamment poser des questions ouvertes (par exemple, « Quelles informations vous aideraient à prendre votre décision ? ») plutôt que fermées (« Puis-je vous donner quelques informations ? ») et pratiquer l’écoute active en reprenant les propos du patient.

• Il existe des méthodes efficaces et scientifiquement étayées pour corriger les idées reçues sur la vaccination tout en maintenant une bonne relation avec votre patient. Suivez une formation sur ces techniques afin de renforcer votre confiance et vos compétences pour aborder le sujet de la vaccination.

• Vous craignez peut-être que le dialogue avec vos patients prenne plus de temps lors de la consultation. Les approches de communication telles que l’entretien empathique réfutatif fournissent des techniques permettant de tirer le meilleur parti de la conversation, même si vous ne disposez que de quelques minutes. Il vaut mieux instaurer la confiance et jeter les bases de discussions futures que de fournir des informations qui ne seront pas bien accueillies.

• Continuez à mettre en pratique les compétences et techniques de communication que vous apprenez : plus vous les utilisez, plus elles s’améliorent.

Traduit par : Deborah Loyal et Natalija Plasonja

Supporting health workers in addressing vaccine hesitancy

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Repenser le vieillissement pour rester actif et en bonne santé

Par Aïna Chalabaev, Université Grenoble Alpes, France

Comme indiqué dans un article précédent, les bienfaits d’une activité physique régulière pour la santé sont bien établis chez les personnes de 65 ans et plus. L’Organisation Mondiale de la Santé a établi des recommandations claires concernant la quantité et le type d’activité physique associés à des bénéfices pour la santé. Cependant, les personnes âgées sont les plus sédentaires au niveau mondial.

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MyLifeTool: une approche holistique centrée sur la personne pour l’autogestion des affections de longue durée

Écrit par Dr Stephanie Kılınç, Teesside University, UK and Jo Cole, the Tees Valley, Durham and North Yorkshire Neurological Alliance, UK

Traduit par Natalija Plasonja et Déborah Loyal

Les affections de longue durée (ALD) constituent une préoccupation majeure pour les systèmes de santé mondiaux, compte tenu de leur prévalence élevée et de leur fardeau, dont leur impact significatif sur l’espérance de vie corrigée de l’incapacité. Elles ont également un effet délétère significatif sur la qualité de vie liée à la santé et sont associées à des taux d’anxiété et de dépression plus élevés qu’en population générale.

MyLifeTool est un outil d’autogestion destiné aux personnes atteintes d’ALD, quelle que soit leur affection (diabète, sclérose en plaques, douleur chronique, asthme, anxiété, troubles neurodéveloppementaux, lésions cérébrales acquises, fibromyalgie). Il a été développé en partenariat avec des personnes atteintes d’ALD, des membres de Neuro Key et des psychologues de l’Université de Teesside. Il s’appuie sur notre cadre théorique de l’autogestion, une approche centrée sur la personne et non educative. Les personnes atteintes d’ALD ont été au cœur du projet, déterminant le devenir de MyLifeTool et son nom. (more…)

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A la surface : Repenser la prévention des noyades à tous les niveaux

Par Kyra Hamilton, Université Griffith, Australie et Amy Peden, Université de Nouvelle-Galles du Sud, Australie.

La noyade est une cause majeure, mais largement évitable, de décès et de blessures qui reste sous-estimée. Un mythe répandu : la noyade n’est pas toujours fatale. La définition de la noyade a été révisée pour préciser qu’il s’agit d’un processus et non d’un résultat. Les suites du processus de noyade peuvent être la mort (noyade fatale) ou la survie avec ou sans dommages permanents tels que l’infirmité motrice cérébrale et d’autres troubles neurologiques causés par un manque d’oxygène au niveau du cerveau (noyade non fatale). Des termes comme « noyade sèche », « noyade secondaire » ou « quasi-noyade » sont souvent utilisés dans les médias, mais ils sont dépassés et inexacts d’un point de vue médical. Il est donc temps de cesser de les utiliser.

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Les habitudes ont la vie dure : Rompre avec les comportements indésirables

Par Annabel Stone et Phillippa Lally, Université de Surrey, Royaume-Uni

Traduit par Deborah Loyal et Natalija Plasonja.

La nouvelle année est souvent une période durant laquelle nous aspirons au changement, déterminés à prendre de nouvelles habitudes et à abandonner les mauvaises lorsque l’horloge sonnera minuit. Dépoussiérer nos chaussures de sport, remplir nos caddies de fruits et légumes frais… Qui ne s’est jamais dit « Nouvelle année, nouveau moi » ? Mais un mois plus tard, comment se fait-il que nos chaussures de sport n’aient vu la lumière du jour que deux fois et que les fruits frais commencent à moisir ? Il semble que nos mauvaises habitudes nous aient suivis pour cette nouvelle année (more…)

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